Résumé:
Les perturbations naturelles et anthropiques de l’environnement peuvent être à l’origine du développement de pathologies et de la virulence des agents pathogènes occasionnant ainsi l’apparition et l’évolution des maladies émergentes dont l’ulcère de Buruli. L’ulcère de Buruli est une infection chronique cutanée dont l’agent causal est une mycobactérie environnementale (Mycobacterium ulcerans). La Côte d’Ivoire est le pays qui enregistre le plus de cas chaque année (376 nouveaux cas par an). A ce jour, le mode de transmission de la maladie n’est pas clairement élucidé. L’objectif de cette étude a été d’évaluer les facteurs environnementaux favorisant la distribution de l’ulcère de Buruli
en Côte d’Ivoire. Des inventaires floristiques ont été réalisés dans les Districts sanitaires de Tiassalé-Taabo, zone endémique et d’Alépé, zone témoin puis des cartes de distributions des cas d’ulcère de Buruli en fonction des covariables climatiques ont été établies. L’analyse de la flore a permis d’identifier les espèces spécifiques aux sites endémiques et suspectées de porter M. ulcerans. Ces espèces sont relativement dominées par des herbacées telles que, Megathyrsus maximus, Paspalum orbiculare, Chromolaena odorata, Echinochloa colonum, Mimosa pudica, Centrosema pubescens et Ludwigia octovalvis. Par ailleurs, une forte corrélation entre les facteurs climatiques et la répartition des cas a été observée. Cette distribution est considérablement influencée par les paramètres climatiques comme la température, les précipitations et l’humidité. Ces paramètres climatiques pourraient contribuer à l’augmentation du nombre de cas au Centre et au Centre-Ouest de la Côte d’Ivoire.
Mots clés : Perturbation, Ulcère de Buruli, Végétation,
Paramètres climatiques.